Réintroduire des prairies temporaires dans les rotations est un levier efficace pour lutter contre les résistances des adventices (Cf. article grandes cultures sur les sols). En rompant les cycles culturaux, en diversifiant les dates d’intervention et en modifiant la compétition vis-à-vis des adventices, l’herbe permet de réduire durablement la pression adventice, sans dépendre uniquement des solutions chimiques.
Mais pour que ce levier agronomique soit réellement mobilisable par les céréaliers, une question centrale se pose : comment valoriser l’herbe produite ?
Plusieurs voies sont possibles :
- Lorsqu’il y a déjà de l’élevage sur la ferme, la valorisation est immédiate : pâturage ou récolte, avec un gain direct en autonomie fourragère, avec une ressource économe si la prairie est pâturée. La clôture et l’abreuvement sont alors les deux facteurs a étudier, mais de nombreuses solutions pratiques permettent souvent d’aménager les surfaces pour les rendre accessible au pâturage en limitant l’investissement en temps et en capital.
- Les bergers “sans terre” représentent une piste intéressante. Toutefois, pour susciter des installations ou des projets viables, il faudra garantir un accès durable à des surfaces pâturables. Sans visibilité foncière, difficile d’attirer des porteurs de projet. Pour pouvoir travailler à l’émergence de cette voie, nous avons besoins de présenter des perspectives de surfaces aux porteurs de projets. Aussi si la réintroduction de prairies vous intéresse mais que vous ne savez pas comment valoriser ces surfaces, faites le nous savoir pour que nous puissions faire avancer cette voie de valorisation.
- Le développement de partenariats céréaliers–éleveurs devient stratégique. Avec le changement climatique, certains éleveurs sont déjà en recherche de fourrage. Des accords gagnant-gagnant peuvent sécuriser des débouchés pour les céréaliers qui réimplantent des prairies, tout en assurant un approvisionnement aux éleveurs qui en dépendent.
- Dans certains territoires, les centres équestres peuvent également constituer un débouché local, notamment pour du foin ou de l’enrubannage.
En résumé
La prairie temporaire est un outil puissant contre les résistances, mais sa réussite repose sur l’anticipation des filières de valorisation. Sans débouchés clairs, difficile d’en faire un véritable pilier des rotations. À l’inverse, bien intégrée dans des dynamiques territoriales, elle peut devenir un maillon clé entre grandes cultures et élevage.
Nous travaillons actuellement sur ces questions avec d’autres acteurs du territoire. Nous invitons donc tout agriculteur envisageant de réintroduire de la prairie sans savoir comment la valoriser, ainsi que toute personne réfléchissant à une installation comme berger sans terre, à se manifester afin de contribuer à cette dynamique collective.






