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L’élevage des veaux a été l’une des premières thématiques travaillées par le groupe GIEE « Les Vaches Vertes ». Ce GIEE, reconnu depuis 2020, s’intéresse notamment aux questions de santé animale, dans une approche préventive et alternative aux antibiotiques. Le groupe aborde également d’autres thématiques telles que la gestion du pâturage et l’autonomie alimentaire, l’implantation et l’entretien des haies et enfin l’organisation du travail.

Dès 2020, le groupe a souhaité travailler la question de l’élevage des veaux et en particulier leur alimentation. Les objectifs étaient multiples :

  • Mieux comprendre leurs besoins pour adapter l’alimentation et les conditions d’élevage ;
  • Elever des animaux en meilleure santé ;
  • Accroitre l’autonomie alimentaire ;
  • S’y retrouver économiquement.

Deux formations ont été organisées en octobre 2020 et juin 2021 avec une nutritionniste. Elles ont permis d’aborder les besoins fondamentaux des veaux avec un focus sur leurs 6 premiers mois, l’importance du colostrum, l’alimentation à apporter pendant cette phase et les implications économiques. La deuxième formation a permis de faire le point sur les éléments déjà mis en œuvre sur les fermes, d’identifier les leviers de réussite et de lever les freins au changement. Un focus sur les besoins en minéraux et les points d’attention pour limiter les pathologies avant 6 mois a également été proposé.

Ces formations ont amené Guillaume Lebas, membre du groupe GIEE, à modifier ses pratiques d’élevage et notamment d’alimentation des veaux pour qu’elles répondent mieux à leurs besoins physiologiques.

Quantité de lait

Comprendre l’importance du lait dans la croissance des veaux et dans la prévention des pathologies a poussé Guillaume à augmenter la quantité de lait distribuée aux veaux dès leur plus jeune âge. En effet, l’estomac du veau caille le lait ingéré, ce qui produit du sérum qui tue les populations microbiennes pathogènes du système digestif, et du caillé qui, lui, est assimilé par le veau.
Pour qu’un veau se développe correctement, il faudrait lui apporter quotidiennement au minimum 8 à 10% de son poids vif. A titre de comparaison, sous la mère, les veaux consomment plutôt 16 à 24% de leur poids vif quotidiennement.

Avant de suivre les formations, Guillaume augmentait progressivement la quantité de lait distribuée aux veaux jusqu’à atteindre 2,5 litres de lait par buvée, en 2 buvées, au bout d’une dizaine de jours. Aujourd’hui, Guillaume distribue entre 4,5 et 5 litres par buvée, en 2 buvées aux veaux d’une dizaine de jours. Puis, il augmente le lait distribué jusqu’à 16 litres de lait par jour distribués en 2 buvées. Ce maximum est atteint à l’âge de 2 mois et demi/3 mois, et il commence seulement à diminuer la quantité de lait distribuée à partir de 3 à 3,5 mois.

Age au sevrage

Un sevrage tardif s’accompagne de nombreux bénéfices pour la future vache laitière : amélioration de la croissance et de la production laitière, accroissement de la longévité et de la valeur des réformes, abaissement de l’âge de la puberté, meilleures capacités d’ingestion et de digestion et limitation du risque d’engraissement trop important.
Guillaume a ainsi retardé l’âge du sevrage de 2/2,5 mois à environ 4 mois.

Alimentation

L’apport de fourrages, paille ou foin dans un premier temps puis de foin, permet de favoriser le bon développement du rumen. Dans l’idéal, d’après la nutritionniste intervenue, il ne faudrait pas distribuer de fourrages fermentés avant 6 à 10 mois.
Ainsi dès le plus jeune âge, Guillaume met du bon foin (pas trop poussiéreux, appétent, bonne odeur) à volonté aux veaux, même s’ils en mangent peu au début.

La nutritionniste ne conseille pas de distribuer des concentrés ou alors seulement des concentrés protéiques pour palier un fourrage trop fibreux, à raison de 1 à 1,5 kg par jour en 2 repas à partir du 3ème mois.
A partir de 1 mois, Guillaume distribue des granulés 2ème âge. Les veaux en mangent surtout à partir de 2,5 à 3 mois. À 3 mois, les veaux ont ainsi 2 kg/jour et ce tant qu’ils ont du lait.

Pâturage

La mise à l’herbe dès la première année est primordiale pour acquérir une immunité avant le vêlage, notamment aux strongles digestifs. Il est alors important de ne pas mélanger les veaux de première année avec d’autres veaux, et de ne pas faire des lots trop importants dans lesquels les plus jeunes sont toujours fragilisés.

Guillaume fait en sorte que les veaux sortent à l’herbe dès 4 à 4,5 mois dans des paddocks qui leur sont dédiés. Le pâturage est tournant pour limiter les cycles des parasites. Il ne mélange pas les lots d’âge afin de favoriser le développement des veaux de l’année et d’éviter un développement trop important du parasitisme.

En résumé

Toutes ces pratiques se traduisent par des génisses qui grandissent mieux. L’âge au premier vêlage est ainsi passé de 36 à 28/30 mois. Ses vaches laitières ont une plus grande longévité ce qui a permis à Guillaume de baisser son taux de renouvellement de 40 à 25%, ce qui représenterait environ 10 000€ d’économies par an d’après la nutritionniste. De ce fait, Guillaume élève moins d’animaux et a davantage de places en bâtiment, ce qui est bénéfique aux animaux. De plus, il peut faire des vides sanitaires entre les lots, ce qui implique de nombreux bénéfices sur la santé des animaux.