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Transmettre une ferme est souvent un long chemin : l’histoire de Sikko et Joep en est une parfaite illustration. Après plusieurs tentatives et de nombreux rebondissements, la ferme de Sikko a finalement trouvé son repreneur, au terme d’un parcours de transmission riche en rencontres.



Une transmission au long cours !

L’histoire de la transmission de la ferme de Sikko débute en 2020 avec l’arrivée de Léopolde, dit « Léo ». Ce jeune travaillait déjà avec Sikko et un premier contrat de parrainage est alors mis en place. Après quelques mois de collaboration, « Léo » et Sikko décident finalement de ne pas poursuivre le projet de transmission.

En 2022, Céline, la fille de Sikko, contacte le CIVAM pour s’inscrire au stage « De l’idée au projet », avec l’objectif de reprendre la ferme familiale. Mais après quelques semaines de réflexion, elle réalise que cette reprise ne correspond pas vraiment à son propre projet de vie. « Tu sais, en fait, ce stage me fait percuter un truc : si je fais ce projet, ce n’est pas pour moi, c’est pour papa ! » confie-t-elle à son animatrice. Nouveau rebondissement : il faut trouver un autre repreneur pour la ferme.

Entre-temps, Sikko commence à souffrir du dos. Pourtant, les candidats ne se pressent pas. Lorsqu’un journaliste contacte le CIVAM pour réaliser un article sur la transmission des fermes, l’équipe lui propose alors de prendre contact avec Sikko. « Appelez-le, il cherche quelqu’un. Si l’article paraît, cela pourra lui redonner un peu de visibilité », explique Lison, accompagnatrice transmission au CIVAM au journaliste.

L’article paraît dans Paris Normandie. Aux Pays-Bas, Joep est justement à la recherche d’une ferme en Bretagne ou en Normandie, car « le climat ressemble davantage à celui des Pays-Bas ». Grâce à un collègue, puis à un bénévole de Terre de Liens dans la Creuse, il obtient finalement les coordonnées de Sikko. Au même moment, l’article apparaît aussi en ligne : la rencontre peut commencer.

L'arrivée de Joep

Sikko et Joep échangent pour la première fois en décembre 2023. En février 2024, Joep vient visiter la ferme seul, puis revient rapidement avec sa femme. Un obstacle demeure toutefois : la langue. « Il fallait que j’apprenne à parler français », raconte Joep. Pendant plus d’un an, de mars 2024 à avril 2025, ils organisent chaque semaine une visioconférence avec Sikko pour lire ensemble Le Petit Nicolas, tout en avançant sur le projet d’installation.

En mai 2025, le CIVAM met en place un stage découverte afin que Joep puisse travailler aux côtés de Sikko sur la ferme. Ce stage est suivi d’un contrat de travail, nécessaire pour ouvrir des droits à la MSA et permettre la mise en place d’un contrat de parrainage en septembre 2025.

Le parcours administratif n’est pourtant pas simple. « Il y a des moments où j’étais un peu perdu », confie Joep. « On ne savait plus vers quel organisme se tourner pour obtenir les bons papiers. » Sikko confirme : « Administrativement, ça a été compliqué. » Il faut notamment un numéro de sécurité sociale pour signer le contrat de parrainage… mais pour obtenir ce numéro, il faut prouver avoir travaillé sur la ferme. « On avait vraiment l’impression de tourner en rond », explique Lison.

À cela s’ajoutent la traduction des diplômes de Joep, les démarches pour les aides à l’installation et les nombreux rendez-vous avec les organismes agricoles. Heureusement, l’accompagnement est au rendez-vous. « Le travail avec la Chambre d’agriculture et les CIVAM a été fluide. Arnaud Chappedelaine et Lison Demunck nous ont bien épaulés. Tous les deux avait la volonté d'installer un jeune », souligne Sikko. Terre de Liens, propriétaire d’une partie des terres, contribue également au succès de cette transmission.

Finalement, en novembre 2025, après de nombreux rebondissements, Joep crée son entreprise individuelle et reprend officiellement la ferme, avec ses précieuses vaches Frisonnes.

Quelques mois plus tard, en mars 2026, Sikko confie : « J’ai pris 7 kg depuis que j’ai transmis ! » S’il continue de passer régulièrement sur la ferme pour trier et ranger ce qu’il n’avait jamais eu le temps de faire, il reconnaît ne pas avoir été totalement préparé à cette nouvelle vie. « Nous étions un peu déboussolés par tout ce changement : la retraite, quitter la ferme, la maison… et perdre le sentiment d’être utile. »

De son côté, Joep s’épanouit dans son nouveau métier : « Ce que je fais sur la ferme me plaît beaucoup. » L’installation représente toutefois un grand changement pour sa femme, qui a quitté sa famille et ses repères. Elle a néanmoins conservé son travail aux Pays-Bas, ce qui permet au couple de garder un lien avec leur pays d’origine. Entre-temps, ils ont accueilli leur premier enfant, Louk, une nouvelle source de bonheur dans cette aventure...