En novembre, deux rendez-vous Pro Alim* avaient lieu dans notre région : le 6 novembre à Flers et le 20 novembre à Yvetot. Une occasion privilégiée pour les producteurs en vente directe de rencontrer des responsables de restaurants scolaires ou gestionnaires et de leur présenter leurs exploitations, leurs produits et envisager une collaboration à plus ou moins long terme. Ces deux journées avaient choisi de se concentrer sur les approvisionnements des lycées normands, en partenariat avec la Région Normandie. Ces rencontres répondent à l’enjeu du plan régional « Je mange normand dans mon lycée » qui s’est fixé d’atteindre 80 % de produits normands dans les cantines des lycées à l’horizon 2021.

En tout, 46 producteurs et 40 acheteurs ont fait le déplacement. Certains binômes producteurs/acheteurs, déjà en lien, ont saisi l’occasion pour faire le point sur les approvisionnements déjà mis en place, D’autres - la majorité - ont initié de nouvelles relations partenariales à mettre en œuvre, consolider et développer.

Les producteurs avaient par ailleurs la possibilité de découvrir l’outil Logicoût : cette application permet d’optimiser leur logistique : calculer les coûts de transport, ajuster les frais de livraison, etc.


Pour les responsables de cuisine qui n’auraient pas pu se rendre à ces rencontres, deux autres sources d’information :

  • Se rapprocher des services de la Région pour obtenir un accès à la Carte interactive Vicking qui recense les producteurs locaux de toute la Région.
  • Se rapprocher des CIVAM normands, pour être mis en relation avec leur réseau de producteurs locaux qui développement une agriculture durable.

Quelques points de vigilance essentiels pour construire un partenariat durable :

■ La nécessité pour les acheteurs et les fournisseurs de co-construire leur partenariat, leur relation fournisseur/cuisinier/gestionnaire et d'adapter quand c'est possible leur fonctionnement pour monter des partenariats pérennes : flexibilité dans les menus de la part des restaurants, engagement des producteurs, seuls ou à plusieurs... Cette co-construction s'enrichit, se perfectionne et gagne en puissance au fur et à mesure des échanges et des relations.

■ L’intérêt de spécifier dans les marchés publics – même si ce n’est pas obligatoire - un volume minimum (en quantité ou en valeur) qui engage l’acheteur et apporte une visibilité essentielle pour les producteurs. Il est aussi important de préciser la durée d’engagement qui doit correspondre au cycle de production de l’agriculteur. Pour les maraîchers, elle doit être d'un an, pour les éleveurs allaitant, de trois ans... La clef est de se réunir, de parler, et de planifier ensemble les commandes des années à venir.

■ La possibilité de réduire les quantités servies aux convives et d'absorber ainsi le surcoût éventuel d'achat de produits locaux (ex : surcoût d'achat de viande locale absorbée par le service d'une portion plus petite). Les recommandations du GERMCN concernant les grammages à servir en restauration scolaire sont obligatoires seulement pour les produits prêts à consommer (cordon bleus, glaces...) achetés auprès de fournisseurs extérieurs. Les cuisiniers ne sont de fait pas soumis à des minimums ou maximum de portions : ils peuvent adapter.

* Rencontres organisées alternativement par le Réseau des CIVAM normands, Chambre Régionale d’Agriculture de Normandie, Bio en Normandie, structures agricoles partenaires du contrat d’objectif régional « Fédérer les acteurs pour la structuration, le développement et la promotion de la qualité des produits agricoles normands ».