Retour d’expérience...

vache à la traiteMi-décembre, avec les éleveurs du Pays de Caux, nous nous sommes rendus chez Michel, Brigitte, et Jean-Charles Plessis, dans le Pays d’Auge, à la découverte de leur exploitation bio, pâturante et avec un robot. Michel et Brigitte se sont installés en 1990 hors cadre familial, et ont progressivement diminué la part de maïs au profit du RGI-TV, avant de passer en bio de 1993 à 1996. Leur ferme de 110 ha est divisée en 3 îlots, et 38 ha sont accessibles aux 60 vaches croisées Prim’Holstein (historique) et Normandes (« adaptées au bio »). Les vêlages sont étalés, et le niveau de production autour de 5000 litres/VL. Un système classique en bio.

En 2014, leur fils Jean-Charles les rejoint sur l’exploitation. Pour faire face à une problématique de main d’œuvre et au départ prochain des parents en retraite, ils choisissent d’installer un robot de traite en 2016.

Le troupeau continue de pâturer. Pour cela, une porte de tri au bout du bâtiment dessert 3 sorties : pâturage de jour, pâturage de nuit, et retour au bâtiment pour une vache qui doit aller se faire traire. Seules une vingtaine de logettes restent ouvertes en été, pour éviter qu’elles ne restent au bâtiment. Certaines parcelles sont équipées d’abreuvoirs, sinon les vaches vont au bâtiment pour boire.

En complément du pâturage, de l’enrubannage constitue la ration hivernale, tandis que le creux de pousse estivale est comblé par de l’affouragement en vert et de l’ensilage de maïs.

Le DAC (Distributeur automatique de concentrés) du robot facilite la circulation, en y attirant les vaches par des concentrés, de moins d’un kg à 3 kg/VL/j (60 % maïs, 20 % féverole-seigle, 20 % épeautre, aplatis).

Les intervalles de traite sont réglés au robot en fonction du lait produit et du stade de lactation. Ils sont en général 10h, sauf l’après-midi, où les autorisations diminuent à 5h pour traire à 17h celles traites le matin. Au pâturage, la fréquence de traite est d’1,9 à 2,1 traites/j en été, et les éleveurs constatent peu/pas de traites entre 23h et 4h du matin, ni entre 12h et 15h car elles sont au pâturage. En hiver, elles passent à 2,4 à 2,6 traites/j, et augmentent un peu en lait.

En termes de qualité du lait, ils se sont aperçus que « ça faisait le yoyo, de 150 à 300 000 cellules/ml la première année», avant de se stabiliser. En ce moment ils sont à moins de 200 000 cellules/ml.

Nous n’avons pas abordé la rentabilité de l’exploitation, mais les deux éleveurs rencontrés étaient satisfaits de leur système.