Le contexte actuel du prix des concentrés protéiques et des engrais azotés renforce l’enjeu de développer son autonomie alimentaire par des cultures sobres en intrants. Les méteils grains associant céréales et protéagineux peuvent constituer un levier pour produire un aliment concentré équilibré tout en présentant des intérêts agronomiques dans la rotation des cultures de vente. Mais comment adapter les cultures à associer et les densités de semis au contexte pédoclimatique de son exploitation et aux valeurs alimentaires recherchées ? Tester différents méteils sur son exploitation peut être une pratique simple pour faire ses choix. Lire la suite.


CONTEXTE ET OBJECTIF
Les méteils grains peuvent intéresser de nombreuses exploitations qui cherchent à réduire leur consommation d’intrant, que ce soit pour produire un concentré équilibré pour son élevage ou pour développer des cultures peu exigeantes en azote et en produits phytosanitaires.

Toutefois, choisir son méteil peut relever du casse-tête : entre les espèces à associer, les variétés et les densités de semis de chacune d’elles, il est difficile de prévoir la composition du mélange qui sera récolté dans le contexte propre de son exploitation.


DESCRIPTION - MISE EN OEUVRE
Une ferme du Pays de Bray a alors fait le choix d’implanter différents méteils sur son exploitation durant deux années consécutives afin de repérer les modalités qui lui conviennent le mieux. Plusieurs objectifs :
• La récolte d’un aliment concentré intéressant pour les bovins lait;
• La maîtrise du rapport céréales/protéagineux;
• Une bonne maîtrise de la présence adventice dans les cultures;
• Un intérêt agronomique dans la rotation pour les cultures de vente;

Les différents mélanges testés associent une céréale (triticale, seigle fourrager, avoine nue, orge d’hiver) et une légumineuse (féverole, pois fourrager ou pois protéagineux). Les essais ont été suivis par des comptages de levée, d’adventices, d’épis, le rendement et pour certains méteils des analyses de valeurs alimentaires. Ces relevés étaient comparés à un témoin de céréales en culture pure.

RÉSULTATS
Sur les deux années d’essai, les rendements des différents méteils correspondaient aux moyennes attendues. Ils étaient toujours supérieurs à la culture pure ! L’association triticale-féverole était l’une des plus satisfaisantes en termes de rendement et de valeur alimentaire. Le mélange épeautre-féverole a également permis de récolter la proportion de céréales et de protéagineux recherchée par l’exploitation : il donne de bons résultats pour l’alimentation des veaux.

 

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Tous les essais ont été conduits sans traitements phytosanitaires. Les adventices ont été mieux maîtrisées qu’en culture pure grâce à une compétition plus efficace des associations. Enfin, malgré une année 2021 humide, la pression des maladies est restée maitrisée.


REPRODUCTIBILITÉ
On retiendra de cet essai qu’il est à la portée de toutes les exploitations en polyculture-élevage. Chacun peut tester différents méteils pour identifier le ou les mélanges qui s’adaptent le mieux à ses conditions pédoclimatiques et qui répondent à ses besoins. Pour cela, il ne pas faut oublier de les comparer à une culture pure en témoin pour mesurer les bénéfices de l’association et de tester les mélanges sur plusieurs années avant de tirer des conclusions !

 

EN SAVOIR PLUS :
Elodie, MARTIN ABAD – Chargée de mission Grandes Cultures économes
02 32 70 43 58 – 07 69 54 30 50